Sculptures en briques de Per Kirkeby
Sculptures en briques de Per Kirkeby

Les intrigantes sculptures en briques de Per Kirkeby

L’Escher Gallery de l’espace Kanaal à Wijnegem est synonyme d’expositions médiatisées. Parmi ses expositions les plus remarquables de ces dernières années figurent assurément les sculptures en briques de Per Kirkeby, l’artiste danois polyvalent décédé en mai 2018. Pour cette exposition, Kanaal a pu compter sur le soutien de Wienerberger.

Un artiste polyvalent

Per Kirkeby (1938-2018) était géologue de formation, mais a fréquenté dans les années ’60 la célèbre Experimental Art School (EX-School) de Copenhague, qui avait vu le jour comme alternative à l’académie d’art alors un peu ‘poussiéreuse’. Durant ces années, il s’est familiarisé avec l’art minimal américain dont dessinaient les contours des artistes comme Donald Judd et Sol Lewitt. Ce courant artistique allait influencer durablement son oeuvre. Kirkeby se qualifiait en premier lieu de peintre et a acquis sa renommée internationale avec ses toiles colorées, faisant souvent référence à des structures géologiques. Mais il était également un sculpteur, cinéaste, écrivain et architecte (amateur) aujourd’hui au moins aussi connu grâce à ses sculptures architecturales géométriques en briques.

 

Hypnotisé par l’architecture

Kirkeby a présenté ses premières sculptures en briques en 1965; celles-ci étaient alors encore exposées dans des musées. Le matériau céramique lui offrait la possibilité, avec une matière première qui comportait pour lui en tant que géologue un large éventail de significations, d’échapper à aspirer strictement à l’abstraction autonome de l’art minimal. Après sa formation artistique, il a approfondi l’essence de l’architecture. Il a ainsi étudié les ouvrages mayas au Mexique, s’est penché sur l’architecture gothique et romaine et admirait les travaux notamment de Frank Lloyd Wright, Hendrik Berlage, Hans Poelzig et Gunnar Asplund. Pour lui, l’église de Grundtvig à Copenhague, une réalisation de l’architecte P.V. Jensen-Klint située dans le quartier où il a grandi, constitue ainsi un modèle d’architecture et la source de son amour pour la brique. Il considère également que les quartiers de logements sociaux des années ’30 et ‘40 situés dans les environs forment le point d’orgue de l’architecture minimaliste danoise.

Lieu de mémoire

Il n’est dès lors pas étonnant qu’il soit passé, à un moment donné, à de véritables constructions en briques et maçonnerie, que l’on retrouve dans le domaine public. Avec ces murs, tours, labyrinthes et autres formes, il injecte au minimalisme abstrait des expressions artistiques faisant référence aux formes d’architecture archétypales et qui deviennent ainsi un véritable lieu de mémoire, débordant de connotations et points d’entrée pour le récit personnel du passant.

Se faire remarquer n’est pas ici le mot d’ordre car, lors de la manifestation culturelle Documenta 7 (à Kassel en 1982), de nombreux amateurs d’art sont passés à côté de sa ‘cabine électrique’ discrètement érigée dans un parc, sans se rendre compte que cette construction faisait partie de l’exposition. On retrouve aussi ses sculptures en briques, auxquelles nombre de gens prêtent une forte affinité avec l’architecture de Peter Zumthor, au parc Middelheim, où se dresse un labyrinthe en maçonnerie, ainsi que dans le parc du musée Kröller-Müller, situé dans le parc national De Hoge Veluwe aux Pays-Bas.

 

Balade sensorielle

L’exposition de Per Kirkeby à l’Escher Gallery (Kanaal) - un ancien espace de stockage industriel brut où de grands escaliers et des ouvertures de silos à grains déterminent l’ambiance - a vu le jour en collaboration avec les descendants de Per Kirkeby, la Galleri Susanne Ottesen (Copenhague), Arne Fremmich et jsvc Projects/Londres. Les amateurs d’art pouvaient y déambuler dans le Nordhorn (1991), une oeuvre qui mesure 8,5 mètres de largeur, 8,5 mètres de profondeur et 3 mètres de hauteur. Celle-ci est constituée de huit cylindres regroupés autour d’un noyau central accessible depuis les cylindres.

Durant leur parcours, les visiteurs pouvaient ressentir combien le jeu de lumière et d’ombre ainsi que l’aspect fermé mystérieux et le couloir frêle stimulent les sens. En outre, ils pouvaient aussi admirer quatre oeuvres datant de la période 1982-1989 qui n’avaient plus été exposées depuis leur création ainsi qu’une oeuvre spécialement conçue par Kirkeby pour la toiture-terrasse de la Hayward Gallery (Londres). Toutes les oeuvres ont été réalisées avec la brique Terca Basia Paepesteen.

 

La grande sculpture 'Nordhorn' peut encore être visité jusqu'au 19 septembre 2020. L'Escher Gallery est ouvert le jeudi, vendredi et samedi de 14 à 17 heures; de préférence après rendez-vous. Pour plus d'informations, consultez le site web.

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