Appareillages de maçonnerie

En maçonnerie, l’appareillage constitue la manière dont le maçon superpose les briques, avec comme résultat un motif déterminé. Il offre à nouveau pour l’architecte ou le maître d’ouvrage une large palette de possibilités créatives pour concevoir des façades uniques. Car certains appareillages créent des lignes marquantes dans la maçonnerie, permettant ainsi d’obtenir certains effets optiques.

Le choix de l’appareillage de maçonnerie dépendra notamment du type de brique et de l’épaisseur du mur. Tous les appareillages ne peuvent pas être utilisés dans toutes les situations. En cas de briques présentant une plus faible stabilité dimensionnelle, il sera ainsi préférable d’opter pour un appareillage sauvage.

Avec l’arrivée de mortiers au ciment résistants, l’implantation des murs creux isolés et l’utilisation de crochets d’ancrage, les anciens appareillages ont peu à peu disparu du paysage. Jadis, ces appareillages avaient surtout une fonction constructive pour les murs extérieurs pleins. Avec les murs extérieurs à demi-brique d’aujourd'hui, ils n’ont plus qu'une fonction décorative.

Les appareillages de maçonnerie doivent remplir quelques conditions:

  • Les joints verticaux de deux couches successives doivent alterner d'au moins h/4, avec un minimum de 4 cm (h = hauteur d'une couche). Si vous dérogez à cette règle, par exemple pour des raisons esthétiques, il faudra veiller à la stabilité de l'ensemble. Il sera alors préférable de prévoir une armature.
  • De préférence, n’utilisez pas des morceaux de brique dont la hauteur dépassera la longueur ou la largeur. Et ce surtout à hauteur des angles, des appuis de fenêtre et contre les ouvertures en façade.

Nous déconseillons de mélanger différents appareillages.

 

Types d'appareillages

L’appareillage à demi-brique

L’appareillage à demi-brique est souvent appliqué, et vous le retrouverez dans de nombreuses façades. Pour cet appareillage, les joints verticaux alternent avec la moitié de la longueur de la brique supérieure et inférieure. Cet appareillage porte aussi le nom d’appareillage en panneresses ou à la grecque.

Les avantages:

  • Aspect reposant
  • Pratiquement pas de pertes de matériaux
  • Consommation minime de mortier
  • Peu de découpes
L’appareillage incliné

L’appareillage incliné se rapproche fortement de l’appareillage à demi-brique. Il s’agit en fait d’une variante de celui-ci. Dans le cas de l’appareillage à demi-brique, le maçon décale les briques d’une demi-brique par couche En appareillage incliné, il décalera par contre celles-ci d’un quart ou d’un tiers de brique  Avec comme résultat optique des panneresses qui forment des bandes inclinées entre 55 et 75°.

Si le maçon continue de respecter cet appareillage de façon cohérente, les gens pourront avoir l’impression que la construction n’est pas stable, alors qu’elle l’est bel et bien. C’est pourquoi le maçon inversera généralement l’inclinaison après quelques couches. Ce qui créera un motif de zigzag, encore et toujours très voyant. Cependant, en alternant l’inclinaison à chaque couche, ce motif de zigzag disparaîtra.

Cet appareillage de maçonnerie est fortement utilisé pour la mise en œuvre de briques plates allongées à joints fins.

L’appareillage debout

Une rangée sur deux se compose de panneresses. La rangée suivante se compose d'une succession de boutisses. Une brique trois quarts est placée dans la rangée de panneresses.

L’appareillage en croix

Le maçon alterne ici les couches de panneresses et de boutisses. Les joints verticaux de la couche de panneresses ne seront pas superposés, mais les briques seront tout de même posées selon un appareillage. Les couches de boutisses se termineront par une boutisse complète. On rencontre surtout cet appareillage dans les anciennes fermes, châteaux, presbytères et gares.

Il existe deux sortes d’appareillages en croix:

  • Travaux publics: on pose ici successivement une couche de panneresses et une couche de boutisses. Un quart de brique sera posé à l'extrémité de la couche de panneresses et, toutes les quatre couches, une boutisse sera insérée à côté du quart de brique pour obtenir un chevauchement d'une demi-brique.
  • Travaux privés: la différence avec le type précédent réside dans le fait que le quart de brique sera placé dans la couche de boutisses à côté de la boutisse qui forme l'extrémité et, toutes les quatre couches, une boutisse sera placée dans la couche de panneresses.

 

L’appareillage français

Chaque couche de l'appareillage français se compose de l'alternance d'une panneresse et de deux boutisses.
 

L'appareillage gothique

Cet appareillage convient parfaitement pour les murs en briques à deux faces apparentes, comme les murs de jardin. Cet appareil – où le nombre de boutisses est réduit au minimum absolu – est utilisé régulièrement dans les murs de jardin anglais, d'où son nom ‘d’English Garden Wall Bond’. Chaque couche se compose d'une alternance de trois panneresses et d'une boutisse. Cet appareillage convient aussi pour de jolis murs en demi-briques.

La maçonnerie d'un bel appareillage pose un problème spécifique pour les murs visibles des deux côtés. Si les briques n'ont pas des tolérances strictes – ce qui est surtout le cas pour les types de briques rustiques –, les têtes de briques trop longues dépasseront de la surface du mur, tandis que les briques trop courtes créeront des ‘renfoncements’ dans le mur.

On résoudra ce problème en maçonnant deux murs d'une demi-brique dos à dos. Pour assurer la liaison nécessaire à la stabilité de l'ensemble, on placera des crochets d'ancrage métalliques dans les joints. En accordant suffisamment d'attention à la suppression du risque de corrosion, ce mode de construction ne posera aucun problème. Pourtant, on perdra ainsi une partie du charme de la maçonnerie. Celui qui observe le mur avec attention arrivera fatalement à la conclusion que la construction n'est pas entièrement homogène, ce qui va à l'encontre de notre sens de la pureté.

L'appareillage en piles ou en carrelage

Appareillages de maçonnerie

Les panneresses sont ici minutieusement superposées avec des joints verticaux continus. Il n'y a toutefois pas le moindre décalage entre les briques, ce qui nécessite une armature. Il est évident qu'il faut utiliser à cet effet des briques d'une stabilité dimensionnelle très stricte. Cette mise en œuvre s'applique souvent pour la technique de collage.

L'appareillage en boutisses

Toutes les couches ne présentent que des boutisses issues de demi-briques. Il s'agit généralement de murs urbains. Cet appareillage convient très bien pour les maçonneries soumises à de fortes sollicitations.
 

Les appareillages ornementaux

La maçonnerie non-portante permet d’appliquer des appareillages ornementaux avec une grande liberté. Certains d'entre eux résulteront du mélange de différents formats de briques. On les retrouve au cours de l'histoire, mais ils ont aussi été créés par les fabricants eux-mêmes. Il suffit de penser à l'appareillage romain. Celui-ci permet d’obtenir une maçonnerie polygonale, polymétrique ou ‘grossière’. L'usage consistant à introduire des motifs décoratifs dans la maçonnerie est très ancien. On utilise à cet effet des briques de coloris différents ou des effets d'ombre en faisant ressortir ou en renfonçant des briques de la face de parement de la maçonnerie. De nos jours, certaines façades sont aussi complètement construites avec des briques en saillie. Cette technique est également qualifiée de maçonnerie à relief.

 

Map of dealers

Trouvez des distributeurs près de chez vous